Nicolas
PAT ET MAT EN HIVER
A la grande joie des plus jeunes (et celle de leurs parents complices), les inénarrables Pat et Mat font leur retour sur le grand écran.
Créé en 1976 par les Tchèques Lubomír Beneš et Vladimír Jiránek, ce duo de bricoleurs imprévisibles ont depuis lors multiplié les gaffes animées en stop-motion.
L’hiver est arrivé et, avec lui, un monceau de neige qui s’est abattue sur les maisons mitoyennes de nos deux héros rondouillards. Pour faire face à cette situation extrême, Pat et Mat font devoir redoubler d’ingéniosité. Il faut dire qu’ils n’ont peur de rien, pas même de la construction d’in igloo ou d’un sauna !
MADRES PARALELAS (VOst)
Succédant à l’éblouissant «Dolor y Gloria» en 2019, «Mères parallèles» adopte d’abord la forme d’un classicisme trompeur pour muer ensuite en un mélodrame flamboyant dont seul l’Ibère semble détenir le secret…
Deux mères dites célibataires accouchent au même moment dans la même maternité, mais animées d’un état d’esprit très différent. Si Janis (Penélope Cruz) accueille avec joie son enfant né d’une aventure sans lendemain, il en va autrement pour Ana (Milena Smit), à peine sortie de l’adolescence…
En digne héritier d’Hitchcock, dont il est l’un des continuateurs parmi les plus palpitants, Almodóvar instille alors un doute déstabilisant chez Janis pour déboucher sur un récit de filiation bouleversant hanté par les fantômes de l’Histoire.
SI ON CHANTAIT
Après la fermeture de leur usine, Franck, fondu de variétés françaises, convainc ses camarades d’infortune de se lancer dans un projet de reconversion un peu fou : monter une entreprise de livraison de chansons à domicile, intitulée fort à propos «Si on chantait».
Sur commande, chômeurs et chômeuses s’en vont fredonner des airs connus, comme on apporte un bouquet de fleurs, les chansons variant selon la demande : anniversaire, demande en mariage, départ à la retraite, annonce de rupture, c’est selon.
Entonnée par une équipe de comédien·nes irrésistibles (la palme de la fraîcheur revenant à Alice Pol), voilà bien une comédie populaire propre à nous (re)donner le sourire.
ENCANTO
Dans la famille Madrigal, il y a d’abord la grand-mère, celle par qui l’«encanto» est arrivé. Une sorte d’enchantement, qui a fait sortir de terre la «casita», leur maison, pour la protéger, elle et ses deux bébés, après que son mari a été tué.
Avec les années, tout un village s’est construit autour de cette bâtisse multicolore, et les enfants Madrigal ont tous ou presque développé des super pouvoirs qu’ils mettent au service de la communauté. Las, les murs de la «casita» commencent à se lézarder…
Le soixantième long-métrage estampillé Disney depuis «Blanche-Neige et les Sept Nains» (1937) est un merveilleux concentré d’humour, de musiques du monde et de prouesses graphiques, avec, en prime, un bel éloge de la curiosité.
COMPARTIMENT N°6 (VOst) (coup de cœur !)
Russie, 1996, cinq ans après la désintégration de l’Union soviétique. Etudiante en archéologie séjournant à Moscou, une jeune Finlandaise (formidable Seidi Haarla) projette de partir à Mourmansk avec son amoureuse, pour y admirer des pétroglyphes vieux de dix mille ans.
Las, au dernier moment, l’être aimé lui fait faux bond. Sa passion en berne, Laura se résout à prendre seule le train antédiluvien qui va la mener au bord de la mer de Barents…
Pendant trois jours et demi, elle va devoir partager son compartiment avec un jeune russe, fruste et alcoolisé la plupart du temps. A première vue, tout semble les opposer… De leur rencontre résultera pourtant une véritable ode à l’imprévu et à l’éphémère. Assurément notre coup de cœur !
LES OLYMPIADES
Tourné en noir et blanc et porté par de jeunes comédien·nes stupéfiant·es de justesse, «Les Olympiades» de Jacques Audiard («Un Prophète», «Deephan») raconte l’amour, la sexualité, l’urbanité et la multiculturalité d’aujourd’hui à travers deux histoires qui se rejoignent.
Il y a d’abord la rencontre d’Emilie, jeune femme d’origine chinoise forte en gueule sortie de science-po, et de Camille, grand black enseignant en français au lycée. Et puis, il y a Nora, une étudiante en droit, qui croise le chemin de la mystérieuse Amber sur Internet…
Adapté librement de trois nouvelles tirées d’un roman graphique de l’Américain Adrian Tomine, coécrit avec les réalisatrices et scénaristes Céline Sciamma et Léa Mysius, ce film capte de façon admirable l’air du temps amoureux.
ON EST FAIT POUR S'ENTENDRE
Acteur prolifique, Pascal Elbé est passé à la réalisation en 2010 avec «Tête de turc», remarquable drame social en banlieue parisienne. Le voici de retour avec une comédie dramatique inspirée d’un handicap dont il est lui-même affecté.
Prof d’histoire-géo solitaire, Antoine (Elbé lui-même) semble n’écouter plus rien ni personne : ni ses élèves, ni ses collègues, ni sa nouvelle voisine du dessous, Claire (Sandrine Kiberlain), qui vient l’enguirlander chaque matin parce qu’il n’entend pas son réveil sonner à plein tube.
De fait, Antoine commence à devenir sourd et ne s’en rend pas compte… En plaçant le·la spectateur·trice dans la peau du malentendant grâce à une bande-son très travaillée, Elbé transcende le feel-good movie attendu, dénonçant non sans humour les préjugés liés à l’«invalidité».
TRE PIANI (VOst)
Avec des chefs-d’œuvre comme «Palombella rossa», «Journal intime» ou encore l’inoubliable «La Chambre du fils», l’Italien Nanni Moretti est considéré à juste titre comme l’un des plus grands cinéastes de notre temps.
A soixante-huit ans, il signe avec «Tre piani» («Trois étages») une œuvre sublime et crépusculaire, quintessence de son art unique à dépeindre la complexité de nos rapports humains… A l’aube, une voiture conduite par un jeune homme enivré fauche une passante au pied de l’immeuble romain où il habite avec ses parents qui exercent le métier de juges.
Cet accident va bouleverser les relations dites de bon voisinage… «Seuls les menteurs vous regardent dans les yeux», pour reprendre une réplique de l’une des protagonistes de ce grand film choral à l’inconfort salutaire.